BAM dans ta GUEULE
BOMBX - STOCKYARD STOICS
Urban Chaos
Lille, le 1er décembre 2004
NYC ! Avec les STOCKYARD STOICS, des keupons certifiés de Brooklyn d'origine pure souche, l'Urban
Chaos se fondait ce soir dans la légende et on aurait pu s'attendre à une soirée CGBG revival. Que Nenni et car malgré le
vaste balayage est-ouest RAMONES / NIRVANA de BAM dans ta GUEULE, les BOMBX
et leur street punk, les STOCKYARD STOICS m'ont assuré que le CBGB n'est plus car à 5$ la bière plus l'entrée,
il est difficile d'associer bière et concert sauf pour les golden keupons. A l'Urban Chaos, l'esprit règne toujours et avec
quelques ¤, tous arrivent à s'en sortir.
C'est BAM dans ta GUEULE qui ouvre les hostilités. Bizarre, ils ne sont que trois, leur lead guitar s'est fait
transparent, s'est perdu dans la rue des postes... Et bien le quatuor devenu trio a tout simplement cartonné et surpris les
keupons, des vieux routards de l'Urban pour la plupart, déjà présents à 20h00. La Gypsie se faisait hargneuse à la voix et
ses doigts de fée rose grattaient rageusement sa pink fender. Le bassiste ne faisait pas dans la dentelle, il balançait un mur
du son qui aurait mérité quelques watts de plus et la batteuse, la Gypsie sister martelait sans relâche malgré son apparent
calme. Tapant dans des formats à la RAMONES et dans des sons à la grunge, BAM dans ta GUEULE
en version trio a tout du jeune roquet hargneux et tout fou, pas le York-chieur, ni le Kanich à la mémé, mais un bon bâtard,
une anomalie génétique positive élevée au décibels, bien teigneuse qui à force d'être nourrie au rock and roll, mord et ne lâche
pas. Le power trio enragé risque de faire mal en grandissant !
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Timing serré oblige, on n'a pas eu droit à un deuxième rappel et c'est BOMBX qui prenait la relève.
BOMBX sont des vieux de la vieille qui arpentent les planches depuis 1996, traînant leurs crêtes dans les petits
clubs d'un peu partout. Originaire de Boulogne-sur-Mer, ils sont à mille lieues de ce que l'on peut imaginer de la côte
d'Opale et on les verrait plutôt traîner leur ranjos du côté du port que des plages des bourgeoises Touquet ou Wimereux/Wissant
d'à côté ! Pas évident donc de faire son trou entre les cordages et les casiers à poissons ! BOMBX donne
dans un street punk oï sexuellement transmissible qu'ils disent, bien ficelé et très homogène. Il poursuit les routes ouvertes
entre autres par GOGOL 1er et les CADAVRES dont ils ont repris avec bonheur un titre de chacun. Trois gratteux, un batteur et deux chanteurs, ça fait du monde et du bruit et surtout ça glisse tout seul dans le cérumen des conduits auditifs. Le jus qui en résultait a imbibé, voire noyé la matière grise d'une bonne partie du public qui s'embarqua dans des pogos explosifs desquels sortaient des bras, des jambes et des crêtes, parfois un des deux chanteurs.... Mais toute bonne chose à une fin et Casquette soucieux de laisser suffisamment de temps au New Yorkais de Brooklyn pour larguer leurs tomahawks soniques...
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J'insiste sur "tomahawk" (et pas "skeud" qui sonne In dans les publications rock branchées) car rendons aux Mozartes
ce qui est aux Mozartes*, on a affaire à des amériniens pur jus, des Brooklyniens, des mecs qui ont joué au CBGB et les skeuds foutent les boules aux ricains. Bref, ce soir à l'Urban, ce ne sont pas des nanards qui jouent au GIs, mais des keupons
de la Grande Pomme en ballade sur le vieux continent. Il y a peu, Lille2004 a essayé de mettre en valeur la scène musicale
de la Big Apple ; je ne me souviens que des fadasses ELYSEAN FIELDS, d'ailleurs passés quelques temps
auparavant au Grand Mix ! Alors que pour la séquence Japon, on a eu droit à GUITAR WOLF. Comme si les
RAMONES, les HEARTBREACKERS et toute l'aventure du Max's Kansas Club, CBGB and so on
appartenaient déjà à l'histoire de l'art branche zique. Ne serait pas plutôt que les joyeux drilles qui poursuivent l'expérience ne sont pas politiquement corrects ou pas assez bobos pour que les cultureux s'intéressent à eux. De toute façon, on s'en fout, cela n' a pas empêché les drilles en question de venir faire exploser Lille 10 jours seulement après la mort de la grande fête aux cultureux. Et nous voilà devant les STOCKYARD STOICS, 3 gratteux en façade, le batteur derrière balançant avec force leur
punk rock sur la petite scène enfumée de l'Urban. NYC, CBGB, mythe... Je m'attendais à revivre l'épopée
RAMONES et bien j'avais tout faux, les STOCKYARD STOICS font dans du CLASH
à l'américaine. STOCKYARD STOICS, c'est un peu comme Londres qui rencontre NYC avec
tout l'engagement "politique" qui colle à ce type de groupe ; leur affiche est assez éloquente pour connaître leur camp !
Leur raison d'être est encore plus nécessaire vu la soupe qu'on nous sert en tant que scène newyorkaise et l'ambiance
bushienne et patriote régnant. Et les pogos furent très largement à la hauteur de
la rage et de l'énergie véhiculée par les STOCKYARD STOICS qui n'ont pas hésité à reaggaiser comme
CLASH l'avait fait en son temps. Le mot de la fin revient à un pogoteur, canette de Leffe à la main, qui s'approchant
après le concert, des STOCKYARD STOICS affalés, vides d'énergie, et leur sortit "alors les amerlock, ca va ?"
avant de trinquer hilare. Quand le nouveau monde retrouve l'ancien...
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* : Sur l'origine du nom voir les Mosarze au CCL (attention photos chocs !
Frédéric Loridant
Décembre 2004
Frédéric Loridant
©2004