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VIOLON PROFOND - STUPEFLIP

Tourcoing, le Grand Mix,

le 22 novembre 2005



Nos pieds sont engourdis, il fait froid et les portes du Grand Mix sont toujours fermées...Vingt heures trente-cinq, on accède enfin au sanctuaire. Les insipides The KILLS sont oubliés, place aux irrespectueux STUPEFLIP qui prennent plaisir à vivre en sales gosses trublions pour la plus grande joie (!) d'un public venu en nombre. Mais avant l'arrivée de ces perturbateurs de la zique, ce sont les sanglots longs des VIOLON PROFOND qui sont venus non pas pleurnicher dans le giron de Rimbaud, mais pour transmettre un savoir diabolique à travers la musique même du malin : le HARD-ROCK ! Visiblement le public ne connaissait pas les VIOLON PROFOND. Ce duo présentable, un violoncelle, un chanteur a qui on donnerait le bon dieu sans confession a eu, entre deux concerts dans des lieux aussi prestigieux que le Carnegie Hall à Manhattan pas très loin du sanctuaire ground zero, le malheur (?) de retrouver le Livre, celui où sont pieusement ou malignement (?) conservés les blanches, les noires et les croches de 666 grands standards de la musique. Touchés alors par la grâce, Tony et Jerry se sont fait apôtre pour faire partager au monde ces 666 chansons. Et ce soir, en préliminaire à la grand' messe qui allait suivre, quelques unes sont venues noyer nos esprits et passé la stupeur du premier morceau, les messages ont parfaitement été assimilés, des pages entières du Bouc (qui existe vraiment, je l'ai touché de mes mains comme un saint Thomas en moins trash - je ne fous pas mes mains partout...) étaient récitées par coeur et tous (ou presque) alors se sentirent prêts à affronter et à communier les STUPEFLIP se posant en frères catcheurs arrogants et prosélytes.

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Un esprit bien formaté a du avoir bien du mal à comprendre ce qui a pu se passer ce soir. Sur scène, un humanoïde phallus, des ombres bleues, mi hommes, mi bêtes, des enfants de choeur tout de noir vêtus et le Grand Ordonnateur officiaient dans une solennité rarement atteinte. Le public n'a pas attendu longtemps avant d'adhérer pleinement à cette nouvelle entité bien chargée de haine. Le rituel préliminaire était à peine terminé que les premiers rites de purification se matérialisaient au travers d'échanges d'insultes allant même jusqu'à des STUPEFLIP, c'est du sous KYO qui entraînèrent des ripostes cinglantes comme "vous êtes un public de merde" avant d'en arriver aux coups. Car armés, les servants du Grand Maître du Dieu-Phallus tentèrent de mettre au pas le public rageur, d'enfoncer la vérité vrai, la STUPreligion dans la caboche de tous ces singes hurleurs à coup de battes de base-ball (ça c'est pour étaler ma culture) en mousse. La méthode très catho finalement n'a pas manqué d'élever le degré d'excitation de quelques crans dans l'échelle de Richter. Tapi dans la fosse en tentant d'esquiver les coups qui volaient de part et d'autre, je sentais la crash barrière se gondoler dans mon dos et malgré tout une Fleur poussait à côté de moi... Tout ne fut donc pas pugilat. Par contre, tout fut hurlement. Impossible aux STUPEFLIP de commencer une incantation sans que les spectateurs ne la reprennent en choeur. J'ai peine à imaginer les mines horrifiées des quelques bobos réfugiés au fond, venus s'en doute prendre quelques grammes d'adrénaline et s'encanailler à l'hymne radiophonique "j'fume pu de shit". Shocked ! Et surtout pas de chance, pas de "J'fume pu de shit", ils sont honnêtes les STUPEFLIP Au plus fort du sacrement, possibilité fut donnée à certains d'aller se frotter au clergé du Dieu-Phallus. Seuls des mecs osèrent monter mais pas ceux du fond qui avaient les pieds ankylosés en restant figés dans leurs certitudes ; ils refusaient toujours de laisser exploser leurs énergies négatives. Le voyage aurait pu continuer jusqu'au bout de la nuit. Mais, un Stupeflip et quelques fucks plus loin et trop tôt en guise de signe de croix et nos compères disparurent ramenant brutalement le public dans la réalité qui s'emplit alors d'une clameur vengeresse empreinte de frustration. On n'avait pas son comptant, on voulait boire le STUPEcalice jusqu'à la lie. Le miracle n'a pas eu lieu, les cathos de Lourdes en ont encore l'exclusivité et ils n'aiment pas partager et c'est un peu frustré qu'une bonne dizaine de minutes plus tard, que la masse encore compacte du public vociférant commença à se désagréger... Priez, chantez, dansez, ils reviendront.

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Frédéric Loridant / Photorock © novembre 2005

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