Les SUPRÊMES DINDES
Lille, le Yéti
le 9 février 2006
Autant la veille, on s'était contenté avec ART BRUT de bonbons ou de gélatine sans goût, autant ce jeudi, dans une salle 12,7 fois plus petite, on se tassait pour déguster un met rare bien de chez nous : les SUPRÊMES DINDES, volailles rock and roll certifiées sans colorant, sans ogm et élevées en plein air sous le soleil du midi.
Quand on m'a filé cette info, les SUPRÊMES DINDES au Yéti, j'ai eu un choc. Ce bar m'était encore inconnu mais je savais que sa capacité d'accueil était assez limitée. Imaginez un Yéti sans poil s'ouvrant sur la rue de la soif à Lille par 5 mètres de façade et pénétrant dans le pâté de maison d'une 15 de mètres tout au plus avec compris dedans une scène de 3 mètres sur 2. On était plus proche de l'élevage en batterie que du plein air ! Mais bon c'était la nuit et les dindes, la nuit, rentrent se serrer au chaud. Pour les colorants, c'est certain, il n'y en avait pas. Le clair obscur a un du charme mais difficile de voir en détail le plumage et le ramage de nos volatiles. J'ai donc du m'approcher allant même me frotter aux plumes des belles ! Je dis des belles car il y a quand même deux dindons qui gloussent en rythme et qui offrent à leurs dindes six cordes un espace suffisamment grand pour s'exprimer sans retenue. La recette SUPRÊMES DINDES est simple : rock and roll à tendance art punk brut de décoffrage à faire aboyer les chiens. Ca chauffe, ça vole dans les plumes, ça trépigne comme une sale gosse qui fait un caprice, ça emmène, ça entraîne...on s'décolle ! On vole en plein Free as a bird mais pas la ballade aviaire gnangnan à la BEATLES, mais la version cyclone pleine de sensations fortes comme le slam de Jacqueline au retour mouvementé, combinaison retournée ou le déplumage de Martine. Et tout le concert, plus d'une heure trente d'énergie, fut du même acabit : séquence romantico trash où les rimmels et lèvres se mélangent dans un décor roccoco, plumage de dinde laissant apparaître des dessous rouges et chatoyants, sources de déclenchements de flashs, reprise pulsée de Mylène FARMER, période libertine catin et suite ininterrompue - en dehors d'une pause pipi - de jets de dindes estampillées label rouge. La dinde on aime, les SUPRÊMES DINDES, on adore et on en croquerait bien encore.
Frédéric Loridant / Photorock © janvier 2006
Mél / Mail : f.loridant@photorock.com
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