NEIL ON IMPRESSION - The GAY CORPORATION

The CHINESE STARS


Lille, La Malterie, le 20 juin 2005


Une jeune fille blonde, bassiste de son état, de bonne famille et dont je tairais le nom, disons Miss X, que je croisais le lendemain de ce lundi 20 mai, veille de la fête de la musique, dans les très profondes douves de la citadelle Vauban où s'est ourdi un complot sonique terrifiant (voir l'exclu photorock on line sur tous bons navigateurs, adeptes d'IE, passez votre route), m'a glissé à l'oreille : « C'était terrible hier soir ! Hein ! ». Terrible ! Tout comme ces trois/quatre lignes sans point certes, mais qui ne sont pas le fruit de mon imagination. La scène a du vécu et Miss X est dans le vrai. Elle parlait sans doute du dernier concert, à ces CHINESE STARS qui clôturaient une soirée inaugurée par NEIL ON IMPRESSION et suivi des GAY CORPORATION.

A l'extérieur, le thermomètre peine à descendre sous les 30° bien que la soirée avance, à l'intérieur, il semble bloqué à 35° et la tendance est à l'optimisme... Les italiens de NEIL ON IMPRESSION se sont déplacés en bande : trois guitaristes, un trompettiste préposé aussi à la machine à potentiomètres, un batteur, un clavier et une violoniste qui a eu la malchance d'exploser son instrument suite à une pénétration un peu rude d'un jack ! Mais Lille est Lille et en un rien de temps, un autre violon est apparu ! NEIL ON IMPRESSION ne donne pas l'impression (bis) de faire dans le rock dansant et énervé mais plutôt dans quelque chose d'assez sage avec de multiples sursauts énervés. Étiquetés post-rock par certains, j'ajouterais à cette couleur, un grand aplat non pas rouge rosé comme l'ambiance de la Malterie, mais franchement progressif. Genre souvent honni mais qui n'est pas à mes yeux une tare, les YES/ELP pompeux et compagnies ne sont plus le must dans le genre.

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La suite fut ce que le feu est à l'eau ou la gomme à l'impression ou encore le teepex aux ordonnances judiciaires. Vous le devinez sans doute, The GAY CORPORATION est aux antipodes de NEIL ON IMPRESSION ou alors je m'exprime mal. Ces joyeux béthunois tiennent de la météorite sonore venue des profondeurs du hardcore. Musicalement ça dégomme et scéniquement, ça secoue dans tous les sens avec une propension pour le chanteur à officier selon les rites d'avant Vatican 2, à savoir, dos aux fidèles. le résultat est assez spectaculaire. Mais pour le chant, difficile de comprendre un traître mot. A se demander c'est du yaourt ou du sensé . Des paroles se cachent derrière les gargouillements hurlés ? Allez savoir ! Mais par sympathie, je penche pour la seconde solution.

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Place aux stars chinoises venues sans doute de Chinatown vu qu'accolé à leur nom figure un USA trahissant leurs origines. Difficile de classer The CHINESE STARS dans un genre autre que celui du rock and roll énervé et destructuré avec des putains de rythmes quasi hypnotiques vous faisant d'office bouger sur place. Sur scène un grand échalas au chant se cambrait bien campé sur ses deux jambes, les avant-bras plaqués sur les voûtains du plafond quand il ne gesticulait pas dans tous les sens parcourant la scène à grandes enjambées. A sa droite, le bassiste bougeait comme un bassiste normalement constitué, à savoir peu ; à sa gauche, le gratteux s'excitait parfois à gratter le plafond avec sa six cordes et au fond, trônant, le batteur aux raybans à la Starky et Hutch dont un verre n'a vécu que deux ou trois morceaux. Ces chinois aux yeux non bridés nous ont entraîné dans une succession de titres apparemment plus chaotiques les uns que les autres, remplis de break brisant des lignes de rythmes que l'on croyait bien en place. Du chaos ! Pas si sûr, The CHINESE STARS tiennent trop bien la route pour glisser dans l'irréfléchi. Le chaos, ce n'était que dans les premiers rangs du public entraîné entre autres par une certaine Miss X.

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Frédéric Loridant © juin 2005