HYDROIDS - The GRAFT

Le Balatum,

Lille, le 23 septembre 2004

Un air de rock and roll surf habille une scène presque bucolique. Les HYDROIDS, sortes de mutants soniques ont débarqué, sont venus de la mer pour nous distiller leur poison de sirènes. Difficile d'en réchapper ; en fermant les yeux, on entre directement dans une histoire où dieux, trolls et chasseresses s'amusent des malheureux qui ont osé s'aventurer du côté de la rue de la Barre, sans savoir que cet appel les conduirait directement dans un monde bien plus dangereux. The GRAFT s'étaient matérialisés le temps d'un soir sous le Balatum.

Quoi de mieux pour des jeunes filles que de rouler des formes sur HYDROIDS. Mieux que les embruns, ils emplissent l'atmosphère jusqu'à saturation d'un bon rock and roll un tantinet vieillot sentant l'Amérique, pas celle de Bush et les gorges profondes à la Russ Meyer, le tout mâtiné ou plutôt actualisé avec un fond punk. HYDROID surfent entre HAWAII SAMURAI et The BIKINI MACHINE amenant l'air du large au Balatum. Les aventuriers présents ont très vite commencé à avoir des visions, des hallucinations visuelles et auditives : les briques la cave du balatum se transformaient en verts pâtures avec la mer au lointain et trois formes harmonieuses criant sans cesse : "Vilains Trolls, venez dormir dans mes bras"... "Mon troll, vas-y, vas-y tout doux" hurlait l'une d'elles sur fond de solo de gratte. L'autre gémissait "Mon troll, vas-y, vas-y très dur", tandis que la dernière susurrait "Tous chez nous, les lits sont vides", parole divine à laquelle plus d'un d'entre nous succomba en s'accrochant plus fermement encore aux mirages soniques... Et toujours ces riffs entraînants rivalisant avec une batterie digne des plus grosses tempêtes, créant des vagues gigantesques, pressant les attardés à rejoindre la douce couche des jeunes filles à trolls sous peine...

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C'est un piège ! Le lit promis n'est qu'un cave. Hagard, on se retrouve sous le Balatum, point de départ de l'aventure. Mais, on n'était pas seuls, The GRAFT nous attendaient au complet, prêts à nous faire perdre raison avec leur chants païens formulés par Margot, la sorcière, une Circé du XXIème s. En guise de lit douillet, on tombe sur un grabat qui vomit des flammes ; il crache du feu, c'est un fer incandescent. On est dans l'antre de Margot, la sorcière chthonienne et de ses sonics warriors... Ce n'est plus un rock and roll surf qui emplit la cave, mais un punk rock inquiétant teinté de new wave un peu noire et d'une rythmique bien lourde, industrielle presque, AMIANTEsque. Un 666 plane d'ailleurs Le timbre si particulier de la voix de Margot/Circé donne vie aux notes et aux mélodies entêtantes. Impossible de rester sourds à ces avances et nous voici entourés de trolls inquiétants vociférants des "A mort", "Je peux lui couper un doigt", "Mordez le, sur le cul"... Illusoire est aussi la fuite, un barrage sonique bloque la seule issue. La reine de The GRAFT nous envoûte sur de longs morceaux où ses trolls lâchent leur rage, nous gave d'énergie. On devient des leurs sans le savoir. On se transforme, on n'a plus envie de remonter vers la lumière... On est The GRAFT... La greffe a prise.

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Une dernière parade et Margot et ses guerriers nous abandonnent, la cave redevient cave, l'escalier vers le monde se remarque à nouveau dans le coin et je ne sais pas pourquoi, HYDROIDS et The GRAFT m'ont plongé dans l'antre de la montagne d'Edvard Grieg avec ses trolls, ses femmes, son sexe à demi caché, ses histoires enivrantes, son héros Peer Gynt... Mais aussi Ulysse, ses monstres et ses chants. Pourquoi ? Pourquoi pas. On aurait pu tomber dans un niveau de Doom ! L'expérience mérite sans doute d'être vécue aussi.


Frédéric Loridant
Septembre 2004

Frédéric Loridant ©2004