On les présente comme "ultra low-fi" (pour ceux qui sont ignares comme moi, il y a la définition sur Wikipédia), enregistrant leurs trouvailles sonores dans une caravane de chasseur avec un magnéto à cassettes. C'est un fait que les HEAT TAPE auraient pu nettoyer les têtes de leur Philips (sans doute un N2203) et prendre une C-60 au dioxyde de chrome voir de platine avant d'enregistrer. Cette facette des HEAT TAPE est réservé aux chaînes hifi qui supportent encore et contraste avec les HEAT TAPE en live. C'est plutôt propre et foutrement intéressant sans tenir compte du fait que le bassiste fait rêver les filles avec son look Brad Pitt. Et pour nous plonger dans l'american way of life, les IDIOT TALK nous ont rappelé qu'il fut une époque où les skateurs faisaient aussi du hardcore.

Assurément, le chanteur des IDIOT TALK a la foi. Il assure le spectacle en se balançant d'avant en arrière comme un culbuto. Derrière, c'est plus calme mais, serrés comme des sardines, ils n'avaient pas vraiment la place pour s'exprimer autrement que pas des notes. Les IDIOT TALK ont du tomber sur un gros paquet de K7 et de vinyles des grands frères qui écoutaient les hardcoreux-skateurs américains de la première heure. Ils s'en inspirent, morceaux qui dégomment, suffisamment courts pour ne pas devenir chiant et quelques bonnes surprises comme le changement de vitesse dans le dernier morceau où j'ai carrément eu l'impression qu'il sont passés de 33t en 45t cassant une linéarité sonore qui voulait à tout prix s'installer.

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IDIOT TALK IDIOT TALK IDIOT TALK IDIOT TALK

Après les faux ricains, voilà les vrais ! Ces rois de la caravane en sont sortis pour atterrir à l'Imposture sous l’œil bienveillant du Jésus cloué sur le mur. Franchement, au début, je n'ai pas trop compris. Des ballades pop pour bobos hipsters toutes calmes, du genre à ne pas rameuter le flicaille (de toute façon, elle était occupée avec le sarko qui baratinait au Zénith). Et puis, le concert a pris des sonorités différentes, plus tordues, plus psychés, garage allant même jusqu'à puiser des riffs SEX PISTOLSiens, tout en gardant des mélodies imparables. The HEAT TAPE m'ont fait tout de suite penser aux LOVERS! Même ambiance, même soin dans les refrains, même tension dans le concert. Les Amoureux viennent de Chicago, les Chauds de la Bande, du coin des Grands Lacs. A se demander si une brume pop garage pleine de subtilités ne flotte pas sur le lac Michigan.

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The HEAT TAPE The HEAT TAPE The HEAT TAPE The HEAT TAPE


WC3