TROUBLE JUICE

Lillers, l'Abattoir, le 17 juin 2005



Un jus trouble s'échappe de l'Abattoir... Il fait chaud, la canicule pointe son nez, il est 22h00. Pas de sang, de la bière. Pas de veau, pas de boeuf, pas de boucher, rien que des biches, quelques cerfs survivants, une scène et les TROUBLE JUICE prêts à monter dessus.

L'Abattoir ne fait pas partie de mes salles habituelles mais ce 17 juin je me devais d'y aller pour confirmer mon excellente impression tachée toutefois par des pogoteurs limités et agressifs, du concert des TROUBLE JUICE au Bétizfest de Cambrai. Certes d'aucun dirait qu'il s'agit d'un groupe de reprises ne présentant qu'un intérêt limité mais balayons ces critiques d'un coup de manche (de gratte) car ce n'est pas donné à tout le monde de faire voyager sans chuter dans la copie servile sans âme, dans des univers du siècle dernier (déjà) qui marquent encore tellement aujourd'hui. TROUBLE JUICE est l'un de ces groupes qui proposent des bombes 100% certifiées rock and roll, celles qui pètent à la gueule des parents les plongeant dans la perplexité, face à cette question éternelle : « mais qu'est ce que l'on va faire de celui là ? »... Du rock and roll bien sûr !

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Dans l'Abattoir, la chaleur monte. Des tables envahissent encore la petite salle, des jeunes broquarts et des jeunes biches se mêlent à un public finalement assez bigarré. TROUBLE JUICE suscite la curiosité ou le trouble ou les deux. La petite scène est dominé par un mur de fond couvert d'affiches de groupes prestigieux ayant usé ces mêmes planches. De GONG à MOLODOI en passant par tant d'autres, TROUBLE JUICE vient se rajouter à toutes ces légendes passées par l'Abattoir. Mistiti en tête, chevelure blonde, stetson vissé sur le crâne et paillettes et strass couvrant le corps tenant du mélange entre SKEW SISKIN et NINA HAGEN (période 80) faisait ressortir la part féminine des reprises d'AC/DC ou de MOTORHEAD (une vraie GIRLSHOOL) ; à sa droite, un gratteux tout droit sorti des seventies, une sorte de machin fruit d'une copulation entre un Ulrich Roth sans patte d'éph et un Angus Young sans culotte courte ; à sa gauche, le contre exemple, la touche qui donne de la douceur au rock and roll, une madone Léornardienne ou Titienne selon les éclairages qui surprend autant pas sa présence que par son jeu de basse et, au fond, comme pour étouffer les anciens coups de merlin, le batteur frappait une double grosse caisse comme tout métalleux qui se respecte un peu. Et de tout ce mélange baroque and roll sortaient un condensé des skuds qui ont sculpté notre jeunesse. Je ne sais pas si cela nous a rendu moins cons mais ils ne nous sont plus réservés vu les plus jeunes qui vibraient sur des R.A.M.O.N.E.S. ou Rock this Town plein de pêche et de hargne au lieu d'écouter les MANSON, SLIPKNOT et autres MacWindows de la zique.

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Frédéric Loridant mai 2005