Photo Rock  


au
Spirit of 66
le 1er novembre 2001

Il faisait froid mais sec ce 1er novembre 1973 à Verviers. Un groupe dont le monde du rock commence à parler, Genesis, se produisait au Spirit of 66 devant 200 personnes environ venues voir ce nouveau diable peinturluré qui fascine tant et entendre cette musique difficilement se démarquant de la production actuelle.

L’ambiance feutrée du club, la petitesse de la scène, les bières coulant à flot et la chaleur humaine faisant oublier le froid de l’extérieur, commençaient à faire effet, et à 20h30 le public se massait au pied de la scène oubliant pour un instant les chopes et les clopes. Dix minutes plus tard, les lumières s’éteignent, de la fumée envahit la scène et des ombres gagnent les instruments.

Les lumières fusent, nous ne sommes plus en 1973 mais en 2001, l’Hammond distille ses notes et un diable rouge surgit ! La machine de H.-G. Wells s’arrête, le Temps reprend ses droits : ce n’est pas Genesis mais The Watch, ce n’est pas l’ange Peter Gabriel mais le diablotin Simone Rossetti, son double à défaut d’être un clone. Musicalement, on s’y croirait. The Watch poursuit (et non recopie) sans faute la voie ouverte par Genesis et leur musique est dans la pure lignée de Foxtrot / Selling England, bref dans celle ouverte par les albums d’avant The lamb lies down on Broadway. Pour nous, spectateurs du troisième millénaire, la surprise n’est pas totale, la plupart ont passé en boucle ces albums magistraux, mais quelle émotion d’avoir la sensation de se retrouver presque 30 ans en arrière !

C’est un The Watch au nouveau line-up qui s’est produit ce soir. Seul Simone, le chanteur, est « d’origine ». Le mimétisme avec Peter Gabriel ne tient pas qu’au look, la voix est également parfaite : même chaleur, mêmes intonations, même feeling…. La section rythmique est très présente. Le bassiste, Marco Schembri, au look Steve Hackett, soutient et appuie sans problème les très fortes frappes de Roberto Leoni conférant un côté un peu hard aux compos très genesisiennes. L’un des grands changements se ressent au niveau de la guitare. La période assez froide, technique et très Fripp de l’ancienne formation, est révolue au profit du jeu plus souple, plus coloré, aux harmonies infiniment variées d’Ettore Salati. En retrait sur la scène, le clavier, Gabriele Manzini, crée des climats à la Tony Banks et charpente la plupart des morceaux. The Watch semble maintenant parfaitement rodé et s’éloigne par l’apport personnel des musiciens, d’une copie trop servile des ambiances de Genesis, faisant ainsi sa force et son originalité. Finalement, The Watch propose pour notre plus grand plaisir, un new Genesis, un Genesis qui aurait poursuivi une évolution dans la lignée des seventies. Doit-on parler de clone, terme à la mode actuellement ? Sûrement pas d’après Simone*, The Watch revendique une musique originale même si l’influence genesisienne est ressentie en permanence. Enfin, comme d’habitude le son était excellent et accordons une mention toute particulière au technicien à la lumière.

Voir aussi les  concerts de 1999 et 2000

Set List :
DNalien – Heroes – Moving Red – Fisherman – Supper’s Ready (final) enchaîné avec le final de The Musical Box – PAUSE – The ghost and the teenager – ??? - Tomorrow happened – Dancing with the moonlight knight précédé des intros d’Aqualung (Jethro Tull) et de Black night de Deep Purple – My Ivory soul.
Rappel ; And the winner is – 2ème rappel : Heroes (en version plus pêchue)

* : Voir son interview dans le site Piero









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© Frédéric Loridant 2001