HIGHTINGALE - UNCOMMONMENFROMMARS
La Cave aux Poètes, Roubaix, le 9 juin 2005


UNCOMMONMENFROMMARS ! On pourrait trouver plus simple comme nom ! De plus le coup de martiens, c'est déjà largement éventé depuis les alienraignées de BOWIE bien qu'à première vue, les SPIDERS from MARS et les UNCOMMONMENFROMMARS n'ont rien en commun si ce n'est une musique électrifiée. En grattant un peu, on tombe forcément sur des martiens venus des étoiles, mais pas celles du ciel, celles des States car malgré leurs origines ardéchoises, il est certain que les UNCOMMONMENFROMMARS ont atterri avec leur soucoupe du côté de la Californie, pas celle des Raisins de la Colère, mais celle de la glisse, des skaters, ces héritiers des hippies qui pour emmerder leurs parents peace and love ou bobo, écoutent du rock énervé.

Voilà, le décor est planté, il ne restait pour l'habiller que le public venu en nombre ce soir à la Cave aux Poètes. Et bien il était à l'image du décor, jeune, cheveux mi long, tee-shirt XXXL couvrant en partie le baggy de rigueur et skate déposé au vestiaire. Une avant garde non pas venue de Jupiter ou Vénus mais de Charleville Mézières répondant au nom de NIGHTINGALE avait la dure tâche d'essayer le skate park avant l'atterrissage des martiens. Faisant dans un rock and roll qui tient la route, NIGHTINGALE a réussi à fixer une bonne partie des spectateurs pourtant visiblement venus voir leurs idoles. Bien balancée, leur zique n'était pourtant qu'un alizé avec assez de sautes d'humeurs rapides et positives pour deviner qu'un maelström cosmique approchait.

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Cinq minutes avant l'atterrissage, la piste n'était déjà pratiquement plus accessible et c'est coincé entre un retour, le bassiste et un pied de micro que j'ai débuté mon marathon, mes rencontres du troisième type. La fanfare militaire (mais ce soir à défaut de cuivre, on a eu droit à une fanfare un peu bancale a cappella de surcroît) qui ouvre les concerts d'UNCOMMONMENFROMMARS passée, une tornade envahit la salle. Basée sur du BAD RELIGION ou du NOFX and co, assaisonnée légèrement avec une sauce PRESIDENT of USA et relevée avec de la BURNING HEADS made in France, leur zique est à l'image de Point Limite Zéro, cette course effrénée sans frein et sans limite. Et non contents de nous balancer des accélérations digne d'une Ariane 5 (autant faire dans l'européen), (Motor) Ed, Deff (Leppard), Jim (' Spencer Blues Explosion) et Trint (Eastwood)nous ont fait profiter de leurs figures acrobatiques apprises en apesanteur sur Mars, la différence tenant dans la bonne vieille loi de Newton qui comme toute force, accentue les accélérations. Il n'en fallait pas tant pour que nos skateurs aient l'envie subite de secouer leur chevelure, de gonfler leur tee-shirt et d'essayer de s'extirper de leur baggy sans enlever la ceinture...

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De lucide, il ne restait votre pauvre narrateur secoué dans tous les sens. Impossible pour lui de s'enfuir par derrière, le mur de bras et de jambes étant hermétique, ni par devant où pieds, bras et surtout manches de guitares fauchaient large. Tant bien que mal, rassuré par son objectif, c'est au feeling que l'index appuyait sur le bouton, se collant aux rythmes des riffs tout en défiant les skate-pogos qui le projetaient parfois loin sur scène... Mais rien de tel qu'un bon bain d'énergie bien vite transformé en noyade pour savourer pleinement le déferlement de ces HOMMESPEUCOMMUNVENUSDEMARS. Un dernier morceau non prévu, un BEASTIE BOYS AC/DCien et l'invasion pris fin. La plupart d'entre nous était KO mais plus cultivé aussi car maintenant on en est sûr : les martiens ne sont pas tous des petits hommes verts et le punk rock même tendance planche à roulette énervée, a bien atteint les étoiles.

Frédéric Loridant © juin 2005