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et


le gouffre d'Heln à Saint André, le 24 janvier 2003.

Des grondements sourds m'accueillent sur le parking, étouffant le chant du diesel poussif de ma croma. Une agitation près d'une porte indique l'entrée. Cinq euros et me voilà dans la place, un peu abruti par la chaleur, la buée sur les lunettes et les oreilles agressées par un son qui se fraye en force un chemin jusqu'au bar. Pas de doute, c'est du métal et du brutal. Le public, en uniforme, cheveux longs, petit bouc et tee shirt noir au design provoc forme une masse compacte face à une scène éclairée par l'arrière, éblouissant les spectateurs, transformant les musicos de SHAGMA en ombres chinoises grimaçantes. Pas d'image, mes cailloux sont couverts de buée, ils ont autant de peine que moi à encaisser le poids de l'ambiance presque équatoriale, mangrove en moins et le choc des sons, qui règnent sans partage dans la salle.

Durant la trève, les BOOG-IA fortifient la scène pendant que les métalleux tutent leur bières énergétiques, vitamines B obligent, avant d'aller affronter les castreurs (sic) d'Aruk et autres exciseurs (re-sic) de Steruk*. Trois accords et le ton est donné. Le set va être musclé ; les guerriers ont une méchante bougeotte et dressent haut et fort le manche de leur gratte pendant que le chanteur brutalise son pied de micro à coups de lattes répétés. D'aucuns ont cherché à définir leur métal mais sans succès ; les ambiances se mélangent, des plans très lourds et brutaux comme une charge d'Orks laissent place à des climats beaucoup plus lents parfois plus oppressants, décontenançant une partie des métalleux présents, peu habitués à ces constructions que l'on pourrait croire calquées sur du rock progressif pour ce qui est de la charpente. On se limite à l'ossature car l'habillage n'est que furieux coups de riffs contrés par la voix, que roulements d'ouragan lancés par une batterie incontrôlable, amplifiés par des coups de butoirs d'une basse en rut et transpercés par une guitare solo plongeant les tympans en zone rouge. Pourtant cela n'avait pas l'air d'affoler un quidam à cravate qui baladait sa vidéo immortalisant les lights venus de derrière. Au final, après avoir reçu sur la tête un slameur égaré, j'en retire une bonne impression même si on reste dans du brutal parfois bourrin mais c'est parfois si bon ces rythmes écrasent tout ! Et pour la petite histoire, l'homme à la vidéo s'est transformé en vendeurs de glace aux décibels après, promenant sa valisette à musique sous le nez des métalleux pas encore remis de leurs émocore (re-re-sic).
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Le temps d'enlever les quiès, de prendre l'air et nous revoilà en bordure de l'arène où UNSwabbed affûtait ses armes avant le grand combat. Le groupe a de la bouteille. D'emblée il prend possession et défend son espace vital malgré les premiers assauts de fans furieux qui se faisaient repousser continuellement et terminaient leur course dans des slams très musclés. Ils volaient bas et plus d'un (plus d'une aussi) s'est lamentablement écrasé sur des métalleux qui dodelinaient tranquillement de la tête ne se rendant pas compte que le danger ne venait pas seulement des hussards d'UNSwabbed, mais aussi du ciel. Parfois, le public battait en retraite sous les attaques des guitaristes qui n'hésitaient pas à monter sur les HPs pour mieux dominer et narguer les hordes sauvages saisies de trépidations continues causées par une musique radicale dans l'agressivité et le brutal. Pourtant, des esprits sains pouvaient entendre dans ces morceaux aiguisés, des alternances de passages franchement trash où la voix se voulait gutturale et d'autres plus calmes aux premiers abords mais tout aussi lourds avec une voix plus claire voire mélodique portant au dessus de la mêlée des paroles compréhensibles en français. Néanmoins, le sens des chansons m'a souvent échappé faute d'une écoute attentive par peur de me prendre un slameur incontrôlé sur la tronche. Quelque part je dois être Paranoïaque ! Tiens, ce mot me rappelle quelque chose ! Un titre ?

Un seul vaincu ce soir : KLANG qui a perdu son batteur lors d'un brutal combat, mais ceci est une autre histoire, une autre guerre

Que reste t-il de ces combats le 25 janvier... Seulement quelques impressions tremblantes, ultimes témoins de la l'âpre bataille (du gouffre d'Heln ? On pourrait le croire).

* : Véridique (sauf bien entendu les deux néologismes), lu dans (SIC)Fanzine 6.1
** : LA BATAILLE du livre II du Seigneur des Anneaux.

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Frédéric Loridant
Janvier 2003
fred@photorock.com
Frédéric Loridant ©2003