HOT FLOWERS - VEDETT


la Malterie
Lille le 26 février 2004


La crise du vin sévit à Bordeaux, trop de bas de gamme, la bourgeoisie viticole veut gagner vite et facilement ! Pour le rock, cela paraît être tout le contraire. Voilà qu'en moins de 3 mois, je vois deux comètes bordelaises éblouir le ciel lillois ou plutôt le plafond de la Malterie : AEROFLOT il y a quelques temps étaient venus enflammer cette ancienne usine et ce jeudi, les HOT FLOWERS, duo déjanté, l'ont entraînée dans un post rock débridé. Dans ce cosmos, ne manquait que des étoiles que les VEDETT se sont dépêchés de ramener ! A quelques jours de l'épiphanie, si les rois mages n'avaient trop pas tuté de pif ou de raki dans la cave de la crèche, à coup sûr, on les aurait retrouvés se dandinant devant les étoiles.

Deux ombres tranchent la pénombre ; un guitariste et un batteur prennent place sur le tapis (d'Orient) et attaquent très sec par une succession de riffs combattant la frappe sauvage d'une batterie. Sûr, on sent du rock and roll, mais un millésimé, un rock and roll sauvage faisant fie des règles, nous balançant des astéroïdes en pleine tronche sans que l'on s'y attende. Cette ré écriture des poncifs du rock, du hard et du punk aboutit à des compos très rapides, grisantes, pleines de surprises qui contrebalancent l'absence d'autre instrument. La Telecaster désaccordée quelques tons en dessous de la logique et amputée d'une corde semblait animée de soubresauts terrassant le gratteux pendant que le batteur, excellent, donnait le tempo à ces victoires illusoires de la gratte sur son maître, ce dernier arrivant toujours à la mater en lui parlant doucement (?) aux oreilles. Conversation peu intime d'ailleurs car elle fut intégralement relayée par les amplis. Parfois, ce dompteur de 5 cordes s'amusait au chant, avec en prime dans un titre, un dérapage vocal vers du ELVIS teinté d'IGGY POP ! En définitive, les HOT FLOWERS portent bien leur nom, des bunnies auraient sans doute pimenté le HOT, mais... leur rock and roll a su largement pallier leur absence.

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Les VEDETT se font attendre. La Malterie est plongée dans le noir, seules les étoiles brillent, et le bar aussi. On attend toujours, c'est long... et mon temps est compté. Enfin voilà le trio lillois, deux guitares et un batteur, formation minimaliste au rendement maximal. La scène s'anime, les étoiles scintillent, la lumière arrive lentement et s'installe dans un blanc couleur étoile. Ça démarre fort, les VEDETT se complaisent dans du rock garage rudement bien ficelé, transmettant son énergie sans problème aux spectateurs subitement pris de frénésie. Gratteurs émérites de cordes, masseur de peaux de toms, nos trois VEDETT en uniforme ne se limitent pas à du rentre dedans mais font dans dans un rentre dedans délicat. Des Mozart ces VEDETT ! Cette finesse les démarque de nombreux rockeux ou keupons habitués à trois voire quatre accords de base bazardés volume 10 ! Le concert s'annonçait grand mais je n'ai malheureusement pu suivre que les quatre premiers morceaux ! Seulement quatre ! Mais ce furent des skuds précis dans leur frappe qui rattrapent la longue attente sous la lueur des étoiles.... Ils sont trois comme Melkior, Balthasar et Gaspar, ça aurait certainement été bien plus fun il y a un peu plus de 2000 ans au bout de la Méditerranée.

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Frédéric Loridant
février 2004

Frédéric Loridant ©2004