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Les BLAIREAUX

KINO

Les MAUVAISES LANGUES


Festival Vérone Productions

Lille, Théatre Sébastopol, le 7 avril 2003

Une fois n'est pas coutume, j'abandonne mes lieux nocturnes de prédilection, cave ou salle plus « conventionnelle » pour le théâtre Sébastopol, belle pièce d'architecture lilloise. C'est Vérone productions qui produisait ce soir là, trois de ses poulains, les BLAIREAUX , KINO et les MAUVAISES LANGUES . Le succès fut sans conteste au rendez vous malgré le jour, un lundi soir. Les chiffres mentent difficilement : 1000 spectateurs d'après les organisateurs et la police 1100 personnes un canard local. Belle réussite pour cette vitrine régionale de la chanson française parfois rock, beau tremplin vers une reconnaissance internationale francophone, qui sait ?




Ce sont les BLAIREAUX qui ouvrent la soirée sur la (trop) vaste scène du Sébasto. Emmenant un public dans de folles sarabandes poétiques où l'on croise au détour d'un light bleu un schroumpf, les BLAIREAUX ont très vite conquis un public plus sensible à la douceur et à la sensualité dégagée entre autre par le chanteur, qu'aux riffs des métalleux. Et leurs chansons ont marqué durablement le cœur des spectateurs enthousiastes. Le clou de ce premier set fut l'apparition d'un homme en noir, sorte d'épouvantail sympathique tenant un micro, répondant au nom de Jef KINO, invité par les BLAIREAUX à partager le temps d'une chanson de BASHUNG, la vaste scène habillée de rose...


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Les BLAIREAUX


KINO

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KINO



Après une courte pause, ce fut au tour de Jef KINO et de ses acolytes de faire face au quelques 1000 personnes, aux deux télés et aux photographes agenouillés dans l'allée, s'agglutinant au pied de la scène. Trois notes, un complet et le grand échalas de Jef, emballe la salle, à se demander même si le public n'était venu pour KINO. Des trois groupes de cette grande soirée, ce fut sans conteste le plus rock, voire le seul rock et pourtant, les KINO, contrairement à Rock la Pop , ont franchement donné dans la chanson française avec un accordéon roi et une gratte sèche qui d'habitude me met sur mes gardes. Et malgré ce virage « chanson française », Jef sauta, virevoleta sans cesse torturant parfois son accordéon, pendant que ses acolytes oscillait entre douceur et puissance. Un vrai massage des oreilles, ça tire, c'est doux, ça détend et surtout c'est bon. Et comme pour les BLAIREAUX, avec KINO and Co, les chansons dont on comprenait très bien la teneur (fait assez rare en concert pour être signalé) dépassaient largement le stade "je suis seul ce soir et j'ai envie...". En final, un vaste horizon rose s'est levé au bout de 45 mm de concert et...

Philippe MOREAU et Hervé POIGNAS des MAUVAISES LANGUES vinrent se promener sur scène en guest star dans cette ambiance bonbon rose, poussant la chansonnette avec Jef, qui fut le plus heureux des hommes ce soir là.



Les MAUVAISES LANGUES, étoiles montantes de la scène régionale que l'on entend sur les radios, sont valeur sûre de cette nouvelle chanson française qui sans être vraiment rock, dérive vers une variété de qualité, une sorte de pop française, une exception culturelle où se mêlent des mélodies très accrocheuses, parfois râpées par des riffs de guitare et de violon (j'ose employer riff) à consonance rock. Chauffé à blanc par les BLAIREAUX et KINO & co, les MAUVAISES LANGUES n'ont eu aucune peine à enflammer le Sébasto qui brûlait déjà. Un regard de Philippe sur la foule et cela frisait l'hystérie ! Les guitaristes et le violoniste ne restaient pas les bras ballants et s'amusaient franchement à se taquiner, se défier à coup de notes, de riffs et d'archet ! Belle fin de soirée, chaude fin de soirée et je ne sais pas si La Fontaine a servi à étancher la soif du public, je pense même qu'au contraire, elle le déchaîna...



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Les Mauvaises Langues



Mauvais comme je suis, j'ai profité du délire collectif pour m'éclipser…Et bien sûr, j'ai raté le clou final où tous se retrouvaient sur scène avec... HERVE VILLARD (!) en tournée dans le coin. Pour les images, d'autres que moi (hein Mathieu M.) ont immortalisé cette rencontre s'achevant sur Capri, c'est fini. Mais savent-ils que Capri fut la dernière résidence de l'empereur romain TIBERE où d'après SUETONE , il s'abandonna à la luxure et à la pornographie… Ah Capri, c'est fini.
Frédéric Loridant
avril 2003


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