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ZEUDISCOMOBILE - WAMPAS

La Condition Publique,
Roubaix le 16 juin 2006



Quand les sirènes se taisent ! Titre prémonitoire de Van der Meersch en son temps pour les châteaux de l'industrie roubaisiens et il n'a pas fallu longtemps pour les faire taire : mondialisation, mauvaise gestion, décadence familiale... C'était sans compter un plan Marschall, pas celui d'après-guerre, mais la boîte à lampes qui surchauffée, délivre des décibels sûrement moins stressants que ceux des sirènes qui rythmaient la vie des ouvriers. Bien sûr, nous ne sommes plus au XIXème s., ni au XXème mais au XXIème s. et la Condition Publique, cette forteresse de l'industrie ne vit plus depuis longtemps au son des machines et des sirènes. La culture y a fait son nid et parfois elle tonne et tempête... Et ce vendredi 16 juin, les riffs de ZEUDISCOMOBILE et des WAMPAS résonnèrent dans la ville.

L'air était lourd et bien que les machines aient disparue, la chaleur se faisait sentir. La salle était plongée dans une fumée dense rappelant les conditions de travail d'antan et sa pénibilité ! On suffoquait presque ; la scène était perdue dans un brouillard bien opaque. Dans cette nuit et brouillard s'opposant par essence même à la sinistre Nacht und Nebel, au milieu d'une foule bien compacte, le tout Lille rock, pas celui des conférences de presse et des cocktails mais celui des planches, avait répondu à l'appel des sirènes. Bien entendu, les Bunnies étaient là incognito et en regardant bien, on trouvait des traces des TOXIC WASTE, d'ISSUE de SECOURS, de DUDIN, BAM [dtg] and so on, les absents étant à une autre tuerie sonique dans un squatt lillois.

La surprise fut grande pour une bonne partie du public quand ZEUDISCOMOBILE gara sa tire sur la scène et que le conducteur qui en sortit n'était autre que Didier SUPER. Plus d'un n'en croyait pas ses yeux (logique dans le brouillard)... et avant même de commencer, le public trépignait. Didier SUPER n'est pas ZEUDISCOMOBILE et beaucoup ont pu découvrir avec plaisir ces iconoclastes de notre grande chanson française qui donne du peps aux vieux tubes dignes de Nostalgie. Un peu décontenancés par des orchestrations à donner une crête à Guy Lux, il ne fallut pas plus d'une chanson pour que les (télé) spectateurs comprennent l'origine des morceaux (les ZEUDISCOMOBILE précisant bien d'ailleurs qu'ils n'étaient pour rien dans les paroles des chansons) et de rentrer dans la partie de délire proposée par le trio. Et moi qui les avais surtout croisés dans des caves ou des arrières salles de troquets, je fus impressionné de les voir jouer devant un si vaste public qui en redemandait. Cerise sur le gâteau, ZEUDISCOMOBILE entonna un tube du hit parade : Y en a des biens d'un certain Didier SUPER pour le plus grand bonheur des spectateurs présents.

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ZEUDISCOMOBILE ZEUDISCOMOBILE ZEUDISCOMOBILE ZEUDISCOMOBILE ZEUDISCOMOBILE

Un Didier de parti, un de retrouvé. Sans doute coincé entre 2 métros, Didier WAMPAS n'avait pas eu l'occasion de venir naviguer sur les foules du Nord depuis un certain temps. Déjà surchauffé entre autre par ZEUDISCOMOBILE, le public ne pouvait répondre que favorablement à cette apparition. Et les WAMPAS ne se firent pas prier pour satisfaire les moindres désirs des aficionados présents. Le concert ne fut qu'un tumulte savamment orchestré qui déchaîna très vite une tempête tropicale se transformant, chaleur montante, en un ouragan qui n'empêcha pas le Didier WAMPAS, fier voilier, de tenir bon sur une foule démontée. Et voir le capitaine debout sur une chaise portée à bout de bras avant de sombrer dans le flot humain pour réapparaître en pleine forme quelques bustes, jambes et bras plus loin, est impressionnant. Il assure et il n'a pas peur. Derrière lui, des marins hors pair, des vrais loups de scène teanaient bon face aux assauts : deux fougueux guitaristes bordaient au maximum la voilure sans faseyer tandis qu'en zone plus calme, le batteur et le bassiste tenaient fermement la barre. Plus d'une fois, les flots tentèrent de recouvrir le pont, y parvinrent presque, mais en bon capitaine, Didier WAMPAS sut calmer les vagues (Kiss). Après un salut final, ne reste plus que des souvenirs auditifs et visuels, des courbatures qui me rappelleront durablement cette grande ivresse qu'a vécue la Condition Publique. Je doute que les sirènes se soient tues à jamais.

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Les WAMPAS Les WAMPAS Les WAMPAS Les WAMPAS Les WAMPAS

Frédéric Loridant / Photorock - juin 2006

Mél / Mail : f.loridant@photorock.com

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