Les BETES de SCENE - ZERO WATT

douves de la citadelle de Lille, le 21 juin 2005


Amis citoyen ! Attention, danger. Notre belle ville de Lille n'est plus sûre, de drôles de choses se passent dans les douves de la citadelle... Bien sûr tout le monde sait que cette jungle est le territoire d'une faune bizarre, on y pêche même des brochets de belle taille, mais de là à tomber, le soir de la Fête de la Musique, jour où les rues de Lille sont remplies de badauds insouciants et inconscients du danger, sur de tels spécimens, quelle chance ou quel malheur, tout dépend de quel côté on se place et pour le savoir, il suffit de la demander à Yoda. Mains trêves de références foireuses, après un long affût camouflé dans les herbes, mes conclusions sont sans appel, les BETES de SCENE ont envahi les douves et elles ne sont pas venues seulessssssssssss... les barbares de ZERO WATT, mystérieuse entité sonique subversive, diables pour les uns, dieux pour les autres, étaient là pour tout fracasser.

Les attentifs aux bruits courant sur murs de la jungle urbaine avaient capté l'existence éphémère d'un événement se déroulant sur l'esplanade, en zone militaire quel part dans la nuit du 21 juin. Solstice druidique, premier jour de l'été, fête de la musique, ce jour est riche en symbole. Sûr que le Joker en aurait profité s'il avait été là. Mais pas de chauve-souris, les BETES galopaient avec la rumeur. Pour y accéder, méthode Holmes ou Poirot, il fallait scruter, déchiffrer l'environnement, éviter les flots de citadins se dépêchant vers concerts improvisés et scruter encore. Un car de flics et des bagnoles garées au fin fond d'un parking, des petits groupes se glissant ou surgissant des fourrés étaient autant d'indices qui poussaient à oser se diriger vers les sombres bosquets. Et ce n'est qu'à quelques mètres que l'air s'emplissait d'odeurs capiteuses et de techno entêtante vous aspirant plus encore dans les fourrés. Au diable le danger. Je suis happé par la végétation, transporté par les boum boum ; je dévale une pente pour me retrouver dans...

Un sound system crache ses décibels. Entre deux camions, des amplis et une batterie se sont fait une place dans l'herbe. Des buissons et des arbres encadrent cette pseudo-scène sauvage. Bien planqué comme un vrai chasseur d'images, télé à ouverture maxi, j'observe, j'attends, certain qu'il va se passer quelque chose, cet Evénement dans la rumeur parlait. J'ai bien fait de me coller les oreiles au bitume, car gagné, une BETE vient repérer le terrain et prépare ses pièges à oreilles. La seconde la rejoint un instant plus tard. La lumière se fait rare. La pleine lune (comme par hasard) diffuse sa lumière blafarde que les quelques spots ne parviennent pas à réveiller. La planque est bonne, mon arme emmagasine, attire les quelques rares pixels. Peu à peu des groupes se concentrent autour de ce gite et les soudainement les BETES de SCENE attaquent. L'assaut fut plus visuel que sonique, la sono peu habituée à l'environnement se rebellant un peu et les déchaînements de larsens eurent vite fait de mettre nos oreilles en charpie obligeant même les BETES à improviser pour éviter de tomber dans une cacophonie sonore non désirée. Si nous mettre KO était le but à atteindre, les BETES avaient gagné ; il ne suffisait que de voir et d'écouter les techno dancers aux yeux en forme de phares de camionnette parler de ce groupe « punk ». Mais je pense plutôt que, les BETES ont volontairement joué le rôle d'appât pour préparer le terrain aux ZERO WATT, une sorte de monstre hybride à deux basses et une boîte à rythme.


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Aux premiers abords, aux premiers accords, on aurait pu croire que deux bêtes féroces s'étaient échappées du zoo tout proche. Mais après un examen attentif bien planqué derrière mon télé, je constatais que c'était bien pire, les ZERO WATT apparaissaient comme le fruit d'une expérience contre nature entre des humains, des Laney et des 4 cordes. L'enfer à huit cordes, eightstring to hell ! Voilà dans quelle tempête sonique on a été plongé. Fort heureusement, leur set ne fut pas assez long pour nous achever complètement et c'est en rampant que j'ai fui comme un lâche pour aller prévenir la civilisation toute proche que « ça va être la panique sur les boulevards quand ils arriveront en ville ». A se demander si balasavane n'était pas un visionnaire. La jungle mystérieuse et dangereuse allait-elle envahir notre belle ville de Lille ? Que faire ? Une seule solution pour lutter efficacement contre cette insécurité sonore subversive, un seul moyen et Martine Aubry et ses légions LObotomiséSC l'ont compris : bétonnons tout ! Mais je n'aime pas le gris. Que la contagion free party in the moat gagne ! Vive la jungle en folie.


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Frédéric Loridant © juin 2005