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INNER TERRESTRIALS - MONONC' SERGE

PARABELLUM - AL & the BLACK CATS

TOXIC WASTE - JUSTINE - TAGADA JONES

The EXPLOITED - PUNISH YOURSELF

PIPOLES

Festival ZiKenStock,
Le Cateau Cambrésis, le 8 mai 2010

Quechua a envahi le Cateau-Cambresis. Au pays où paraît-il on a encore le droit de choisir, on devrait s'inquiéter de cette uniformisation mais c'est vrai qu'elles sont pratiques surtout quand on la plante dans une pâture transformée en camping à l'arrache dixit le réglement. La mienne n'y était pas. C'est bon pour les jeunes surtout quand il fait 3° la nuit. Cette invasion multicolore est devenue annuelle à l'image des migrations de pouillots véloces (Phylloscopus collybita) ou d'étourneaux (Sturnus vulgaris) à la recherche de cieux plus attirants. Et le festival ZiKenStock en mai semble tout à fait approprié à les recevoir d'autant que la programmation avait de quoi d'en engluer plus d'un sur place.

La route vers le Cateau me parait longue... Pas trop grave, ZiKenStock a déjà pris du retard et sur scène, c'est un groupe ska, KINGSTON KITCHEN qui ouvre. Pas vu, trop absorbé par les embrassades et les discussions avec les potes qui squattent déjà le bar ou tentent de monter leur tente dont les toiles cachent un nombre incalculable de contenants divers qui titrent au bas mot à 40°. Mon festival ZiKenStock commence réellement avec INNER TERRESTRIALS, trio punk-dub-ska qui allume les premiers foyers d'incendie. Un gratteux à double profil, un noir, un blond, un bassiste aux dreds longs comme le manche de sa basse et un batteur poids lourd qui doit forcément surveiller sa frappe sou peine de défoncer la batterie, alternent morceaux de pur punk, de ska-punk sans tomber dans le riff facile lénifiant et dub envoûtant. Il n'en fallait pas plus pour chauffer des keupons encore tout frais. Curieusement, les bars se sont vidés au profit du chapiteau et la poussière a fait son apparition rendant inutile toute machine à fumée.

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INNER TERRESTRIALS INNER TERRESTRIALS INNER TERRESTRIALS INNER TERRESTRIALS


Le temps de s'éclaircir la gorge en lampant des demis, de se racler une première fois les bronches pour éviter la silicose et voilà MONONC' SERGE et ses trappeurs habillés en dimanche sur les planches (d'érables). Des canadiens qui ne se prennent pas au sérieux en apparence car musicalement, leur rock and roll à la feuille d'érable (à se demander si ça ne se fume pas d'ailleurs) tient bien la route. Et leurs discours, un manifeste défendant la bière, une belle tirade vantant les futs moulant soulignant qu'ils sont bien couillus ou encore la belle défense de l'armée canadienne qui a l'arme absolue, ont trouvé des échos très favorables dans le public. Il a même ovationné le drapeau canadien, un drapeau quelque peu modernisé mais tout à fait reconnaissable. Je n'ose même pas imaginer les fêtes de famille dans le grand nord canadien avec l' ONC' SERGE, les ours blancs et les phoques sans oublier Jack (Daniels) London et Marie Jeanne.

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MONONC' SERGE MONONC' SERGE MONONC' SERGE MONONC' SERGE


MONONC' SERGE avait placé la barre assez haut et la suite allait montrer que les punks rockers français AOC ont encore une sacrée énergie à offrir. Même si les PARABELLUM n'ont plus 20 ans, leur Luger P08 crache toujours ses bastos soniques avec une efficacité et une précision remarquable. La folie a vite gagné le public, les barrières protégeant la scène commencent à être inefficaces (avant d'être détruites pendant le concert - pas vu - des LOS TRES PUNTOS). Schultz et sa bande avaient le sourire aux lèvres, visiblement heureux de voir que leurs hymnes fonctionnent toujours aussi bien tant auprès des "vieux" que des jeunes qui connaissent mieux les paroles que leurs conjugaisons. Un énorme moment avec un côté sacré qui en a transporté plus d'un au paradis avec en rappel, une sorte de medley brossant toute leur carrière et le Cayenne tant attendu par 1500 aficionados survoltés. Et ils n'ont pas été déçus. La suite, je la laisse à d'autres... Une heure de bagnole m'attendait.

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PARABELLUM PARABELLUM PARABELLUM PARABELLUM


Contrairement à la veille, les horaires furent parfaitement respectés et bien sur, même en arrivant tôt, je rate les GUZZLERS mais pas AL & the BLACKS CATS qui accompagnent les EXPLOITED. Je les avais déjà croisés au feu Rêve d'Herbert et ils avaient laissé une forte impression. Le line-up a changé mais leur punk-rock and roll bien teinté de rockhab est toujours aussi énergique. Le trio occupe très largement la vaste scène, le contrebassiste balance son instrument dans tous les sens et le gratteux en profite pour jouer à Skippy au milieu de festivaliers qui ont commencé (timidement) à envahir la scène. Le ton de la journée est donné et ça va aller crescendo.

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AL & the BLACKS CATS AL & the BLACKS CATS AL & the BLACKS CATS AL & the BLACKS CATS


Place aux TOXIC WASTE et son punk à la française aux tubes trop méconnus. Le public ne s'est pas trompé et très vite s'empare de leur zique et de la scène. Difficile de les faire descendre, ça vient, ça va, ça slamme sur les Caricatures, Kamikasers et autres Trauma(s) plus efficaces les uns que les autres. De quoi prendre le contrôle de ton mental et de réveiller les keupons qui n'avaient pas réussi à se lever pour AL & the BLACK CATS en leur redonnant assez d'énergie pour affronter la suite.

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TOXIC WASTE TOXIC WASTE TOXIC WASTE TOXIC WASTE


La suite s'adressait plus aux jeunes avec JUSTIN(e), une des branches "plus métal hardcore" de l'arbre généalogique touffu des GUERILLA POUBELLE. Disons le tout de suite, ce n'est pas mon truc mais je suis toujours ébahi devant l'enthousiasme que le groupe déclenche de la part de ses fans. Au point que le chanteur à la fin n'avait même plus besoin d'hurler dans le micro, ses aficionados le faisaient pour lui avec plus ou moins de bonheur. Déjà bien saturé en poussière suite au passage des AL & the BLACK CATS et de TOXIC WASTE, avec JUSTIN(e) , on baigne en plein brouillard et impossible ou presque de se tenir devant, une tempête force 7 y faisait rage. La tension allait encore monter d'un cran avec TAGADA JONES.

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JUSTIN(e) JUSTIN(e) JUSTIN(e) JUSTIN(e)


Jeunes et moins jeunes ont envahi le chapiteau. TAGADA JONES rassemble tout le monde, fait la liaison avec les anciens... D'emblée, TAGADA JONES frappe fort répondant aux attentes du public. Pas un moment de répit, tout s'enchaîne sans accroc et le public vient très vite au contact avec ses idoles (n'ayons pas peur des mots) ; les zicos jouent le jeu ne repoussant que les plus entreprenants avant l'envahissement total de la scène pour une foule en délire sans que l'on puisse comprendre comment les TAGADA aient pu terminer leur concert...

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TAGADA JONES TAGADA JONES TAGADA JONES TAGADA JONES


Mais rien que de prononcer le nom ...EXPLOITED et même les morts se réveillent. L'ambiance est au fauve, lumières jaune ocre parfois vrillées de bleu, poussières en suspension, odeur acre. Les tigres arrivent enfin ! J'avais entendu tout et rien sur les concerts de la bande à Wattie Buchan, du très bon mais aussi du très mauvais... Je ne sais pas si on a eu de la chance mais ce fut une tuerie. Impériaux, sûr d'eux, s'appuyant sur un passé glorieux, The EXPLOITED dominent un public déjà acquis à leur cause. Dès les premiers accords, les premiers va-et-vient de Watty et les premiers riffs, on a su que la sauce allait prendre et le public allait bien leur rendre ; il formait les Troops of To Morrows, ce titre phare des VIBRATORS qui a tant marqué les EXPLOITED. Et l'ensemble du concert fut de la même veine violente et énergisant, il suffit de lire la set-list pour se souvenir de la suite de hits balancés en pâture aux fauves qui remplissaient le chapiteau. En guest sur Beat the Bastards, Arno, l'ex excellent chanteur des BLACK BOMB A est revenu reprendre un bain de foule à la plus grande joie des fans et entendre le duo de ténors, Arno et Wattie, hurler Beaaat thhheeee Bassstarsss transforma ce refrain en acouphène permanent pour nombre d'entres nous... En 1981, The EXPLOITED clamaient en 1 minute 51 Punk Not Dead, 29 ans plus tard, c'est toujours vrai... Comme seule preuve, la bonne centaine de personnes qui finit par envahir la scène stoppant presque le concert, les EXPLOITED qui coincés, n'arrivaient plus à jouer. Et après ce passage un peu tumultueux, d'ultimes rugissements de Watty tentèrent de nous achever...

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The EXPLOITED The EXPLOITED The EXPLOITED The EXPLOITED


"Tentèrent" car ce n'était pas fini, le coup de grâce est revenu aux PUNISH YOURSELF et leur electro-indus-punk extra-terrestre. La scène est noire, des flashs la figent à intervalles réguliers. Je suis coincé entre 2 retours, impossible de descendre, impossible de me lever, bloqué par des lasers verts marquant la séparation entre le public et le groupe. Les flashs crépitent encore quand les machines se mettent en branlent. Et puis d'un coup, les explosions... Explosion de la foule voyant arriver des zombies multicolores au peinture de guerre fluorescente, explosion sonore quand la machine PUNISH se met en route. L'apocalypse était en route. Les aiguilles des sismographes tapaient dans le rouge, les compteurs Geiger crépitaient à 120bpm, Eyjafjöll crachait de nouveau ses cendres et planant sur ce magma lumineux et sonore, les zombies brillants dans la nuit, pantins déglingués animés de soubresauts aux rythmes des strobos, déchiquetés par des lasers devenus fous, incendiaient la scène. Dans cette nuit en enfer, au milieu de tous ces démons, une succube à demi-nue enfantant des torches enflammées, venait se frotter au Maître, aspirant au passage les âmes des fous qui tentaient de la toucher ou se lovant sur Miss Z. Le sabbat aurait pu continuer toute la nuit, la communion était totale mais la journée de dimanche était entamée et c'est bien connu, le dimanche est le jour du seigneur... Il était temps de laisser la place aux églises vides et aux bien-pensants, dehors des hommes en bleus y veillaient.

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PUNISH YOURSELF PUNISH YOURSELF PUNISH YOURSELF PUNISH YOURSELF


Le retour est interminable, je n'ai pas les papiers de la bagnole, je prie pour éviter les hommes en bleus, n'ayant pas le courage de leur expliquer qu'ils traînent dans le sac de ma chère et tendre... L'autoradio est éteint, il ne sera allumé qu'au bout d'une heure pour dire de reprendre quelques forces avant une bonne douche purificatrice. Les organisateurs de ZiKenStock ont très largement réussi leur pari : canaliser 1500 ou 2000 punks venus de partout sans débordement, offrir une affiche rare pour une somme modique et donner un coup de jeune à une ville un peu repliée sur elle-même vivant à l'ombre de Matisse. Bravo les gars ! Et bon courage pour relever le défi l'année prochaine. Tout un public bariolé vous attend et vous soutient.

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Frédéric Loridant / Photorock.com 2010

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